ChroniK
octobre 15, 2002
La lumière très blanche du jour qui transperçait les rideaux donnait aux craquelures des aspects d'abysses, déchirant la vaste surface plane de minuscules dents noires acérées. Lentement, il remonta la fissure principale, depuis l'angle droit face à lui sur une vingtaine de centimètres, boulevard Sébastopol, il marchait trop vite pour rattraper son retard, son sac battant dans son dos, alourdi par le poids de son appareil photo et des ses trois objectifs. Le rendez-vous était sûr, le piston en or, s'il réussissait à tirer quelques bonnes plaques, c'était six mois peinards minimum. Le long de la brêche apparaissait une naissance, une sorte d'ébauche de dissidence qui s'amplifiait très lentement avant de prendre franchement son indépendance. Pour très peu de temps, à peine quelques dizaines de millimètres. La rue Notre Dame de Nazareth, soudain, à sa gauche une énorme berline arrachée à la gueule d'un parking, dans un crissement de pneus assourdissant. A peine le temps de faire quelques pas en arrière, la voiture pilla à un cheveu de ses tibias. Trop vite, le réflexe. Il amorça un coup de poing sur le capot, au moment où le chauffeur, dont il distinguait à peine les traits à travers un pare-brise fumé, alluma les phares. Plein phares, plein après-midi. Confus, il recula de quelques mètres, intimidé par les grondements nerveux du moteur. Retour en arrière, le long du bras principal. La fissure continuait son chemin, affaiblie par son premier affluent, avant de s'éteindre tout à fait au tiers de la largeur de la pièce. La voiture s'avança prudemment sur le bateau, comme hésitant à s'insérer dans la circulation. Furieux, Martin D. reprit son pas de course, en la contournant par l'arrière. Le ciel s'était très largement couvert, il était sur le point de crever. A quelques minutes près, un épais rideau de pluie allait voiler les photos sur lesquelles il jouait une demie année de salaire. Une forte tentation le reprit de défoncer le coffre de cette putain de caisse qui lui avait filé une trouille bleue. Seconde craquelure. A peine quelques centimètres plus loin, le long de la bibliothèque. Elle était beaucoup plus sinueuse que la grosse fissure, trop lourde. Elle serpentait, se rendait parfois presque invisible pour reprendre, plus marquée, à angle presque obtus. Il n'arrivait pas à la suivre dans son intégralité, elle disparaissait, il ne savait plus s'il s'agissait encore de la même où s'il avait découvert un nouveau filon. Il venait de doubler l'arrière de la berline lorsque la première goutte tomba sur le toit lustré, d'un gris métallique impeccable. Une première goutte, épaisse, puis une série de trois petites, disséminées un peu plus loin, typiques des pluies orageuses. Le chauffeur ne se décidait manifestement pas à s'engager sur le boulevard. Encore quelques pas, moins de dix minutes avant le rendez-vous. Un nouveau rugissement du moteur. Martin D. jeta un coup d'oeil excédé en arrière. La pluie commençait à tomber dru. La fenêtre passager était ouverte. Le visage d'un petit homme chauve apparut, laiteux, gras et grimaçant. Une paire de lunettes cerclées d'une épaisseur grotesque déformait son regard, comme autant de cercles qui plissent la surface d'un lac sous les impacts d'un ricochet. Il portait, il se le rappelait disctinctement maintenant, une chemise blanche de smoking, ornée d'un noeud papillon rougeâtre, sous une sorte d'imperméable noir vaguement luisant et un gallurin mou d'une couleur indéfinie qui ne dissimulait en rien une calvitie intégrale. Il n'arrivait plus du tout à suivre une quelconque ligne sur le plafond, il cherchait à la manière d'un puzzle à reconstituer exactement la photographie de cet homme d'une laideur exceptionnelle. Des lèvres à peine perceptibles, si fines qu'elles semblaient couler à l'intérieur de sa bouche sans sourire. Un menton trop marqué, pointé d'une profonde fossette presque artificielle, et cette goutte de sueur, qui n'en finissait plus de glisser depuis le bord intérieur de son chapeau. Une main gantée de noir s'éleva du bas de la vitre, crispée autour d'un cube de carton coloré. L'homme fixait Martin D., sans expression, il ne détachait pas son regard de lui. Sa tête légèrement penchée vers la gauche était parfaitement immobile, pas un seul trait de ce visage n'avait changé durant toutes ces secondes. Puis le flash. La vitre remonta rapidement en même temps que la voiture s'engouffrait en direction de la Gare du Nord, à une vitesse inconsidérée. Le porc avait pris une photo avec son appareil jetable. Martin D. resta planté, statufié sous la pluie qui commençait à lui couler sur le front. Il allait rater le cliché de sa carrière, et il venait de se faire photographier dans la rue par un inconnu au visage de porc. Ce souvenir le rendait cinglé.




Soient 2 entités distinctes mais identique : H1 et H2
Soient 2 entités distinctes, mère et fille : VF et Marie
Soit 1 entité d’unification entre les 2 univers : HC (Homme chauve)

H1 semble avoir un rendez-vous très important, il doit voir la VF et en arrivant à l'hôtel, il se fait passer à tabac et en s'échappant, il se fait cartonner par une voiture.

Et H2 se réveille ;il ne vit apparemment que de nuit sans qu'on sache bien ce qu'il fait, et il trouve dans son appart un mot de Marie qui le remercie pour la nuit qu'ils viennent de passer ensemble, mais elle doit partir très vite, et elle lui laisse un rendez-vous.

Le problème, c que lui ne se souvient de rien, ni d'elle, ni d'avoir passé la nuit avec une fille, ni rien.
H1 est celui qui se fait tabasser. H2 est celui qui part à la recherche de Marie.

H1 doit signer avec la vieille femme (VF) un contrat visant à éliminer Marie - détailler trafic de drogue et proxénétisme par ex. H1 ne connaît pas Marie et ne l’a vu qu’en photo. VF tabasse H1 parce qu’après avoir tué sa fille, il ne peut continuer à vivre - qui plus est en ayant pris connaissance du commerce.

H1 est tabassé pour ce que va accomplir H2 dans le futur = dans le passé. H2 part à la recherche de Marie, suivi par HC qui est envoyé par VF que H2 ne connaît pas pour mettre le discrédit sur lui en tuant derrière lui de telle sorte qu’il soit inculpé pour des crimes dont il n’est pas coupable = moyen de coercition.

En cherchant des traces de Marie, qui est morte depuis longtemps, il remonte la piste jusqu’à H1 - mourant à l’hôpital = Jour J ou H1 et H2 face à face => le meurtre de Marie s’effectue, dans le passé, en Flash Back.

On peut même pousser jusqu’à dire que VF fait accuser H1 des crimes d’HC, cherchant à inculper H2 dans le futur, d’où le passage à tabac du CH1.

Détailler les rapports de VF et de Marie. Pourquoi VF ch à faire tuer Marie ? VF = Mère de Marie.

Voir également pour un compte à rebours du fil narratif de H1 à l’inverse d’un écoulement normal du fil de H2.